Introduction Dissertation Histoire Des Institutions

La dissertation, ne nous le cachons pas, est l’un des exercices les plus techniquesdu concours d’entrée de Sciences Po. On nous l’enseigne certes pour le bac, mais le niveau demandé au concours (même s’il est abordable, sinon nous ne serions pas là) est plus élevé.

Rien de bien sorcier si on maîtrise les bases méthodologiques de cet exercice. De la rigueur et de l’organisation et le tour est (presque) joué !

Sachez aussi que le temps imparti semble bien souvent trop court : il ne faut pas se laisser déborder par le stress et garder le contrôle de son épreuve.

Même si les connaissances sont importantes, elles ne font pas tout, et il faut plutôt voir le barème comme 1/3 de connaissances et 2/3 de méthodologie.

Commençons par LA chose essentielle, le squelette de votre dissertation : le PLAN.

Le « mythe » du plan de dissert’ Sciences Po, c’est II/2, soit deux parties/deux sous-parties. Sachez que ce plan est possible, mais qu’il n’est en rien obligatoire.

Vous êtes bien évidemment libres de faire ce que vous voulez, mais s’il faut de l’ambition, ne tentez pas l’impossible pour autant. Normalement, si vos idées et vos arguments sont cohérents, le plan apparaît comme une évidence.

Les plans classiques :

– II/3

– III/2

– II/2

– III/3 (à choisir seulement si vous avez beaucoup de choses à dire, le risque étant d’avoir des parties très déséquilibrées).

Vous pouvez choisir un autre plan plus « folklorique », mais il faut vraiment être sûr de votre coup …

Pour un plan II/3 par exemple :

I/ Partie (fois deux)

1) Sous partie  (fois trois)

● Argument 1

➣ Exemple/illustration/citation

● Argument 2

➣ Exemple/illustration/citation

● Argument 3

➣ Exemple/illustration/citation

Tout ceci doit bien évidemment s’enchainer de façon fluide et naturelle ; les mots de liaison sont donc primordiales et doivent être cohérents, sans tomber comme un cheveu dans la soupe.

Maintenant que l’on sait à quoi doit ressembler un plan, comment procéder et dans quel ordre quand on prend connaissance du sujet qu’on doit traiter ? Cette méthodologie n’en est qu’une parmi bien d’autres, mais la plupart du temps, elle est assez efficace.

I/ L’analyse du sujet

On le dit et le répète, et pourtant ça ne rentre pas : c’est l’étape la plus importante de la dissertation, et si elle est bien faite, celle qui vous fera gagner un temps précieux.

Dès que vous avez le sujet, réfléchissez bien à tous les termes et écrivez sur une feuille toutes les idées, références, synonymes, antonymes et autres qui vous viennent à l’esprit. Vous pourrez ainsi délimiter le sujet au mieux, et cibler le sens qu’il faut selon vous lui donner dans votre devoir. Avec vos idées viendront vos arguments et exemples : faites vous une colonne pour les arguments, une pour les citations et une pour les exemples puis liez les entre eux. Petit à petit se dessinera votre plan, en rassemblant les grandes idées ensembles. Deux ou trois axes majeurs doivent se dessiner. Si ça ne vient pas naturellement, pas de panique ! Creusez encore un peu le sujet, ou changez votre angle d’approche.

II/ La problématique

Une fois que vos idées sont couchées sur le papier et que vos axes sont à peu près défini, il est temps de trouver votre problématique, qui sera votre fil rouge tout au long de la rédaction de votre dissertation.

Préparez en plusieurs cohérentes avec vos axes, pour déterminer laquelle semble la plus pertinente. Ne la perdez jamais de vue : c’est elle qui doit vous guider. Si vous n’êtes pas à l’aise avec cette problématique, c’est que ce n’est pas la bonne : il faut en changer, et rapidement ! Par contre, une fois qu’on se lance avec une, il ne faut pas en changer 30 minutes avant la fin de l’épreuve … Mais s’y fixer !

Faites ensuite un brouillon de plan autour de cette problématique en reprenant vos idées du I/. Il faut que ce plan soit clair et concis : soyez efficace au maximum sans perdre de temps futilement !

III/ L’introduction

Autre élément ESSENTIEL de votre dissertation. L’introduction introduit (sans blague) votre devoir, c’est en quelque sorte la première impression : il faut donc envoyer du lourd. (Un conseil : rédigez là directement au brouillon, pou gagner du temps et de la clarté !)

Une introduction ne s’improvise pas et ne se fais pas à la dernière minute : il faut donc lui accorder le temps qu’elle mérite. Il n’y a pas de longueur « formelle », mais une demi page au moins est appréciable.

Voici un plan indicatif de la méthodologie à suivre pour construire une bonne introduction :

1) Identifier les mots clés du sujet. Il faut toujours les ramener à 3, au mieux 2. Le libellé du sujet les donne souvent. Le vrai mot problématique est souvent la conjonction de coordination. C’est le « et » ou le « ou » qu’il faut définir avant tout ! C’est ce mot qui articule le sujet, qui fait le lien entre les mots clefs.

2) Phrase d’accroche (essentielle car ce sont les premiers mots de votre devoir, ils doivent « accrocher » directement le lecteur). Il faut entrer directement dans le sujet. C’est la tonalité générale du propos.

3) Définition des termes du sujet : certains termes étant polysémiques, il faut véritablement cibler le sens qui vous intéresse pour votre dissertation. Il ne faut pas définir les uns après les autres, mais conjointement, pour ne pas faire un « effet catalogue ». Il faut rester fluide, c’est essentiel !

4) Contextualisation : il faut inscrire le sujet dans un contexte : lui donner à la fois sa dimension historique et d’actualité. Montrer que le sujet est à la fois dans le passé et dans le présent.

5) Intérêt du sujet : l’art de convaincre le correcteur que oui, le sujet est intéressant, et même plus que ça : essentiel à votre vie (n’ayons pas peur de l’hyperbole). Montrer un angle d’attaque, des approches un peu originales.

6) Problématique : on l’a déjà abordée, mais c’est la question à laquelle la dissertation doit répondre. Elle peut être constituée de plusieurs questions, mais toujours en lien avec le sujet donné au départ !

7) Annonce du plan

Pour vous donner un exemple, voici la (modeste) introduction que j’avais rédigée au premier semestre pour une dissertation en Institutions Politiques sur l’hyperprésidentialisation de la Vème République, et que mon correcteur avait validée :

[Accroche]Quelle confusion que celle qui a régné autour de la Constitution de 1958 et de sa mise en pratique ! Une transition de régime qui n’est pas passée inaperçue, loin de là : de débat en débat, de conseils en réunions, les prémisses mouvementés de cette nouvelle République lui prédisaient une existence de négociations perpétuelles et d’interrogations pour le moins animées.

[Définition des termes] La Vème République est un régime qui fait peur. Peur car inclassable : ni vraiment présidentiel, ni totalement parlementaire … Un régime hybride, novateur, qu’on ne sait trop comment appréhender. Bouleversant l’ordre traditionnel français perpétué par les IIIème et Ivème Républiques, il place en son cœur l’executif, balayant ainsi des années de parlementarisme dominant.

De son impulseur, Charles De Gaulle, à ses successeurs, la Vème République n’a connu que de grandes figures pour la diriger, loin du temps des petits présidents sans postérité de la IIIème République. À ce titre, on a ces dernières années vu fleurir le terme d’ « hyperprésidentialisation », notamment pour qualifier la politique menée par N. Sarkozy, mais l’idée est présente dès la création du régime ; Michel Debré désigne ainsi lui même le général De Gaulle au pouvoir comme un « monarque souverain ».  Comment cependant un régime pas totalement présidentiel peut-il être hyperprésidentiel ? Comment expliquer ce besoin français profond de l’image du chef, de la figure dominante du pouvoir au sortir de la seconde guerre mondiale, tandis que les voisins de la France se prémunnissaient au contraire contre un executif trop fort et plaçaient à leur tête le juge constitutionnel ?

[Contextualisation]En 1958, la Constitution rédigée par Michel Debré intervient à la fin de la guerre d’Algérie, dans un contexte de crise très ancrée dans la société française. Ce nouveau texte tente d’apporter une réponse à des problèmes qui touchent citoyens et classe politique à la fin de la Ivème République. Les français ont besoin d’une nouvelle impulsion et d’une reconstruction du pays qu’ils ne pensent pas possible sous l’instabilité gouvernementale et la gouvernance des partis propres aux deux derniers régimes. La Vème République, sa rationalisation du parlement et sa mise en avant de l’executif apparaissent donc à beaucoup comme une solution, et le peuple français valide le projet par le référendum constituant du 28 semptembre 1958. Le peuple de métropole s’est exprimé, mais aussi et surtout celui d’outre mer, ce qui confère dès lors à De Gaulle une légitimité d’autant plus importante que le temps est alors aux volontés d’indépendance et d’émancipation de nombreux territoires.

Le président de cette république à venir s’affirme le garant de l’unité nationale dès le discours de Bayeux en 1946, en condamnant les luttes partisanes.

La lutte de 1962 menée par le président pour imposer le suffrage universel direct en France est un acte fort, illustrant la volonté de garantir un Etat puissant doté d’un chef légitime, et de pérenniser par là la Vème République ; voici tout l’intérêt du sujet.

Aujourd’hui encore, le Président de la République, « colosse juridique », tire sa légitimité du vote populaire. Il est la « voix du peuple », ce qui magnifie d’autant plus sa fonction.

[Intérêt du sujet]Il est par ailleurs intéressant de constater que le bras de fer executif/législatif a commencé avant même l’adoption de la Constitution, lorsque De Gaulle a modifié la procédure de révision de la Constitution dans le but d’éviter d’avoir à soumettre les projets de révisions devant le parlement et les faire directement accepter par le peuple (c’est le grand débat autour de l’article 90).

Dès la préparation de l’avant projet de la Constitution en juin et juillet 1858, un litige éclate entre les gaullistes et les ministres et anciens présidents du conseil issus de la Ivème République comme G. Mollet ou P. Pflimlin : pour De Gaulle, le Président de la République devait devenir non seulement le chef de l’Etat mais aussi le chef de l’executif, entendu comme le leader politique de la nation (à l’image du président des Etats-Unis). Pour les anciens de la Ivème, au contraire, le leader politique devait être le Premier Ministre ; ces derniers ont finalement remporté la bataille. On peut ainsi voir que dès le début de la Vème République, des concessions on été faites dans le sens des parlementaires, et que le président était loin d’être ultrapuissant partout. Les prémisses d’un bicéphalisme latent mis en place, on peut percevoir une certaine volonté non pas de coup de force mais d’alliance, de recherche d’un nouvel équilibre. Il en sera de même pour l’usage du référendum : le Président de la République voulait pouvoir l’utiliser à son gré au moindre désaccord sur un projet de loi avec le parlement, mais cela n’est pas passé et des conditions plus restrictives ont été mises en place.

Il est également frappant de constation que le Comité consultatif constitutionnel qui élaborait cette constitution était composé aux deux tiers de représentants désignés par l’assemblée : un certain contrôle parlementaire a donc été effectué dès l’élaboration du texte fondamental de ce nouveau régime.

Il est donc surprenant mais pas incongru d’entendre Michel Debré, dans son discours devant le Conseil d’Etat le 27 aout 1958, affirmer que « le gouvernement a voulu rénover le régime parlementaire. Je serais même tenté de dire qu’il veut l’établir car pour de nombreuses raisons la République n’a jamais réussi à l’instaurer ». En droit, la Vème république a cherché à allier le pouvoir étatique et le pouvoir démocratique, compromis entre les forces du passé et les forces du renouveau.

Mais en pratique, comment sont appliquées ces résolutions et projets de conciliation et de stabilisation ? Le régime dans lequel nous vivons surestime-t-il la figure d’un chef, ou l’utilise-t-il pour masquer un caractère plus parlementaire ? De Gaulle voulait brider la liberté des assemblées mais paradoxalement leur rendre leur prestige en les inscrivant dans la Constitution.

Comment se positionne, il y a 50 ans comme aujourd’hui, un président de la Vème République ? Est-il arbitre ou capitaine ?

[Problématique]Peut-on parler d’hyperprésidentialisation pour caractériser le régime de la Vème République ? Hyperprésidentialisation ou hypoprésidentialisation, surpuissance ou sous puissance ? Le jeu de suffixes n’est pas ici anodin mais porteur de sens : peut on définir sur plus de 55 ans le statut particulier, au cœur de la vie politique et quotidienne de la France, qu’est celui exercé par le chef de l’Etat ?

[Annonce du plan]Il nous faudra voir dans un premier temps que le Président de la République, par les nouveaux pouvoirs qui lui sont conférés et la légitimité dont il joui, est le personnage principal de la scène politique française.

Son domaine réservé lui assure une prédominance nationale comme internationale et permet ainsi une stabilité gouvernementale tant quémandée par le pays. La figure du chef, propre à ce qu’on appelle l’hyperprésidentialisation, donne un visage à la France et fait apparaître l’homme à la tête de l’Etat pendant cinq ans comme un sauveur providentiel. Mais ce Président, qui oscille entre « arbitre et capitaine » n’est pas la seule pièce maîtresse du puzzle étatique. En effet, un bicéphalisme très présent existe dès les premiers moments de la République ; la place du Premier Ministre y est prépondérante, et le parlement pas si effacé que la parole populaire ne l’accorde.

IV/ La conclusion

Peut être moins essentielle dans son style que l’introduction, la conclusion n’en reste pas moins indispensable. À NE SURTOUT PAS BACLER OU PIRE, OUBLIER. C’est pourquoi je vous conseille de la rédiger au brouillon juste après avoir rédigé votre introduction : si vous êtes pris par le temps à la fin, vous n’aurez plus qu’à recopier de façon machinale vos propres mots plutôt que de perdre un temps précieux au dernier moment. Plus courte que l’introduction, elle doit rester pertinente car c’est elle qui clôt votre devoir : le dernier goût que vous pourrez en donner.

Si on dit que l’introduction est un entonnoir (on part du plus large pour arriver au plus précis), la conclusion est une pyramide, à l’inverse donc. Il faut reprendre vos conclusions partielles d’axes, et les reformuler de manière à ne pas vous répéter. Le but de la conclusion est de répondre à la problématique, ne l’oubliez pas.

Vous pouvez finir par une ouverture si vous le souhaitez, mais souvenez vous : il vaut mieux ne pas mettre d’ouverture que choisir une ouverture lourde ou inutile.

V/ La rédaction

C’est ici qu’il faudra être le plus efficace (vous ne pourrez l’être que si votre brouillon – et votre pensée- sont clairs).  C’est la partie qui prend le plus de temps, et qui sera jugée de façon très exigeante par le jury : attention à l’écriture (certains correcteurs ne prennent pas la peine de chercher à déchiffrer ce qui leur parait trop négligé) ! Attention aussi à l’orthographe, aux formulations et aux répétitions.

C’est pour cela qu’est indispensable …

VI/ La relecture

On n’a rarement le temps, et pourtant … on peut éviter de grosses coquilles, de fond comme de forme ! Tentez donc de vous conserver idéalement 10 minutes pour la relecture !

Répartition indicative du temps (après, chacun son rythme !) pour 4h d’épreuve :

I/ Analyse du sujet : 20 minutes

II/ La problématique : 10 minutes

III/ L’introduction : 20 minutes

IV/ La conclusion : 10 minutes

V/La rédaction : 1h50

VI/ La relecture : 10 minutes

J’espère que l’art de la dissertation est désormais un peu plus clair pour vous, n’hésitez pas à nous contacter pour toute question !

MG

Pour améliorer ses notes en dissertation juridique, rien de tel qu’un peu de pratique ! Je vous propose donc de décortiquer ensemble un sujet de droit constitutionnel :

« L’État unitaire face à l’État régional »

 
Première remarque : la forme du sujet
Le sujet est à la forme nominale, il sera donc important de le transformer en question pour en extraire une problématique…

Deuxième remarque : le thème du sujet
Ce type de sujet est relativement nouveau et aborde un phénomène assez récent, l’État régional, ainsi que les interrogations qui en découlent sur la distinction traditionnelle entre État unitaire et État fédéral.

Troisième remarque : le plan à éviter à tout prix
L’idée est bien de confronter État unitaire et État régional et non de faire un exposé sur l’un puis sur l’autre. Il faut donc prohiber tout type de plan ressemblant à :
I) l’État unitaire
II) l’État régional

 

 
Introduction

Accroche
Il est possible de s’appuyer sur des éléments d’actualité récente comme les référendums (en Écosse ou en Catalogne) ou citer Louis Favoreau qui parlait de l’État régional comme d’un « État asymétrique ».

Délimitation du sujet

Résoudre un tel sujet implique de définir :

Les enjeux

Il existe une distinction juridique classique entre État unitaire et État fédéral mais cette distinction binaire semble de moins en moins opérationnelle. La notion d’État est en effet de plus en plus protéiforme, certains associant par exemple l’idée d’État régional à un État « intermédiaire ».

En analysant les caractéristiques des trois formes d’État citées précédemment, on constate deux choses :

  • l’État régional n’est pas un État fédéral (car pas de pluralisme juridique)
  • l’État régional reste proche d’un État unitaire (dans une forme hyper-décentralisée)

La problématique

Proposition : l’État régional est-il une troisième forme d’État, distincte à la fois de l’État fédéral et de l’État unitaire ?

Annonce du plan

On constate que l’État régional reste un État unitaire pour deux raisons : d’une part parce qu’il ne donne naissance qu’à une seule organisation étatique, ce qui garantit son unité juridique (I), d’autre part parce qu’en dépit de l’autonomie reconnue aux régions, l’unité politique de l’État est maintenue (II).

Développement

I) L’absence de remise en cause de l’unité juridique

A – La persistance d’un souverain unique

Les Constitutions espagnoles et italiennes convergent sur ce point : le peuple ne peut être scindé en plusieurs émanations susceptibles de prétendre à l’exercice de la souveraineté. Il n’existe donc qu’un seul titulaire de la souveraineté : c’est le peuple de l’État considéré, comme c’est le cas au sein de l’État unitaire.

Illustrations :
* Article 2 de la Constitution espagnole : « la Constitution est fondée sur l’unité indissoluble de la Nation Espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols. »
* Décision du Tribunal constitutionnel espagnol de 2010, qui supprime une référence à la « Catalogne comme nation » que le législateur avait inséré dans un texte.

B – La persistance du principe d’indivisibilité de l’État

Le principe d’indivisibilité de l’État est le principe consubstantiel à l’État unitaire, car il est le rempart juridique contre les revendications d’émancipation des collectivités régionales, or ce principe irrigue la Constitution des États régionaux que sont l’Espagnole et l’Italie. Sur le plan juridique, cela se traduit par l’existence d’un seul acte constitutif de l’État : la Constitution.

Illustration :
*Article 5 de la Constitution italienne : « la République est une et indivisible »

II) L’absence de remise en cause de l’unité politique

A – Une autonomie organique sous surveillance

L’État régional se caractérise par une dualité institutionnelle : les institutions nationales trouvent leur réplique au niveau régional et les régions disposent ainsi d’une assemblée élue (un Parlement) et d’un organe exécutif. Mais cette organisation régionale ne trouve sa source que dans la Constitution de l’État central et les statuts des régions ont une valeur législative, ce ne sont pas des statuts constitutionnels (sauf exception).

Illustrations :
* L’article 2 de la Constitution espagnole « reconnaît et garantit le droit à l’autonomie des nationalités et des régions » et confère aux communautés une « assemblée législative » et un « conseil de gouvernement ».
* L’initiative de la création d’une région est libre en Espagne mais son statut (ou la révision de son statut) doit faire l’objet d’un accord de l’État et ses institutions politiques centrales.

B – Une autonomie fonctionnelle sous surveillance

Il existe une spécificité dans l’État régional qui n’existe pas dans l’État unitaire : la dualité du pouvoir législatif et la compétence pour les Régions d’édicter des lois. Mais ces compétences reconnues aux Régions sont prévues par la Constitution donc c’est bien l’État qui décide d’attribuer davantage de compétences aux régions : les Régions ne peuvent pas s’affranchir du champ étendu mais limité que leur confère la Constitution et le juge constitutionnel s’assure que les Régions demeurent dans leur champ de compétence. Leur autonomie fonctionnelle est donc une autonomie surveillée.

 

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